À retenir
- SharePoint est rarement le problème : ce sont les choix de configuration et d’adoption qui créent le désordre.
- Recopier l’ancien lecteur réseau tel quel transporte les vieux problèmes dans un outil neuf.
- Métadonnées, groupes de permissions, règles de nommage et conservation se décident avant la migration, pas après.
- Chaque bibliothèque a besoin d’un propriétaire nommé et chaque équipe, d’une formation liée à son vrai travail.
Votre organisation grandit, les embauches s’enchaînent, les projets se multiplient… et retrouver la bonne version d’un document prend de plus en plus de temps. Dans la plupart des cas, la plateforme n’y est pour rien : ce sont des erreurs de gestion documentaire SharePoint commises au démarrage, puis amplifiées par la croissance.
Voici les huit erreurs que l’on rencontre le plus souvent dans les PME et les organisations du Québec, et la correction concrète à apporter à chacune.

Pourquoi les erreurs de gestion documentaire SharePoint coûtent plus cher en croissance
À dix employés, un classement approximatif tient grâce à la mémoire de chacun. À cinquante, en mode hybride entre Montréal, Laval et les régions, avec des contractuels qui vont et viennent, elle ne suffit plus. Résultat : du temps perdu à chercher, des fichiers « final_v3_VRAIMENT_FINAL » et des copies sur des postes personnels, sans oublier la course qui précède chaque audit.
Les erreurs de structure : partir du mauvais plan
Erreur 1 — Reconstruire l’ancienne arborescence de dossiers
C’est l’erreur la plus fréquente : on copie le lecteur réseau dans SharePoint, dossier pour dossier. On obtient l’ancien système, avec les mêmes doublons et les mêmes noms que seuls les plus anciens comprennent.
La correction : repartir de la façon dont vos équipes travaillent réellement. Un site par grand domaine (un service, un client important, un portefeuille de projets), des bibliothèques pour les documents qui vont ensemble, et des dossiers seulement pour de grands regroupements, sans imbrication sur six niveaux. Nous détaillons cette démarche dans notre article sur l’architecture documentaire dans SharePoint.
Erreur 2 — Ne prévoir aucune métadonnée
Une métadonnée, c’est une étiquette que l’on attache au document : le client, le type de document, l’année financière, le statut. Sans elles, la seule façon de retrouver un fichier est de se souvenir de son emplacement, et la recherche renvoie des listes interminables.
La correction : choisir trois à cinq colonnes vraiment utiles par bibliothèque, avec des valeurs imposées dans une liste plutôt que du texte libre. Un document s’affiche alors par client ou par année, sans être copié à deux endroits.
Les erreurs d’accès et de règles du jeu
Erreur 3 — Accorder les permissions fichier par fichier
Partager un document avec une personne précise semble pratique. Répété des centaines de fois, cela produit un enchevêtrement d’exceptions que plus personne ne peut expliquer, et des accès qui survivent au départ des employés ou à la fin d’un mandat.
La correction : gérer les droits au niveau du site et de la bibliothèque, avec des groupes clairs (lecture, modification, propriétaires). Si un ensemble de documents doit être plus restreint, on lui crée sa propre bibliothèque au lieu de multiplier les exceptions.
Erreur 4 — Laisser chacun nommer et versionner à sa façon
SharePoint conserve l’historique des versions d’un fichier : il est inutile de créer « v2 », « v3 » ou « copie de ». Sans règle écrite, deux copies du même contrat finissent pourtant par évoluer en parallèle.
La correction : une convention de nommage courte (par exemple date, client, type de document), la consigne de partager un lien plutôt qu’une pièce jointe, et la coédition dans le fichier d’origine.
Les erreurs de cycle de vie : quand le désordre s’accumule
Erreur 5 — Tout conserver, indéfiniment
Sans règle de conservation, les bibliothèques se remplissent d’ébauches périmées et de documents d’anciens mandats qui encombrent la recherche. À l’inverse, un document qui devait être gardé peut être supprimé.
La correction : définir, avec vos responsables, combien de temps chaque catégorie de documents doit être gardée, puis l’appliquer avec les étiquettes et stratégies de rétention de Microsoft 365, selon ce que permet votre licence. Nous expliquons le fonctionnement de ces mécanismes dans notre article sur l’expiration et la conservation des documents.
Erreur 6 — Laisser Teams multiplier les sites
Chaque équipe créée dans Teams crée aussi un site SharePoint, et chaque canal privé ou partagé obtient son propre site. Sans encadrement, les espaces au nom vague se multiplient, plusieurs sont abandonnés et les documents importants s’y dispersent.
La correction : encadrer la création d’équipes (une demande simple, une convention de nom, un propriétaire désigné), archiver les équipes inactives et réserver Teams à la collaboration active. Les documents finaux rejoignent la bibliothèque officielle du service.
Les erreurs humaines : personne aux commandes
Erreur 7 — Des bibliothèques sans propriétaire
Quand une bibliothèque appartient à « tout le monde », personne ne fait le ménage, personne ne révise les accès et personne ne répond aux questions.
La correction : nommer un propriétaire pour chaque site et chaque bibliothèque importante, idéalement un gestionnaire du secteur concerné plutôt que l’équipe TI. Son rôle : revoir les accès et le contenu quelques fois par année.
Erreur 8 — Lancer sans formation
Une démonstration générale ne change pas des habitudes de quinze ans. Si les employés ne voient pas ce que SharePoint simplifie dans leur propre travail, ils retournent aux pièces jointes et aux outils personnels hors du contrôle de l’organisation.
La correction : une formation par rôle, bâtie sur des tâches réelles (préparer la fin d’année en finances, accueillir un nouvel employé aux RH), des aide-mémoire d’une page et un ambassadeur dans chaque service pour répondre aux questions courantes.
Bonnes pratiques de GED dans SharePoint : par où commencer
Un exemple de GED SharePoint pour une PME de services
Imaginons une firme de services professionnels de quarante employés. Elle crée un site par secteur d’activité et un site réservé à la direction et aux RH. Dans le site « Mandats », une seule bibliothèque contient les dossiers clients, avec trois métadonnées obligatoires : client, type de document et statut (ébauche ou final). Les droits passent par trois groupes et chaque bibliothèque a un propriétaire. Rien de spectaculaire : ce sont ces choix simples, appliqués partout, qui font la différence.
Une feuille de route en trois temps
D’abord, l’inventaire : où dorment les documents (lecteurs réseau, courriels, OneDrive, Teams) et lesquels sont sensibles. Ensuite, un pilote sur un secteur à fort impact. Enfin, une migration par étapes, en décidant ce que l’on garde, archive ou supprime. Cette progression s’inscrit dans une démarche de gestion intégrée et électronique des documents pensée pour durer.
Questions fréquentes
Faut-il abandonner complètement les dossiers dans SharePoint ?
Non. Les dossiers restent utiles pour de grands regroupements, par exemple un dossier par client. Le problème vient de l’imbrication profonde : au-delà de deux ou trois niveaux, les métadonnées sont plus efficaces pour classer et retrouver les documents.
Peut-on corriger ces erreurs sans tout migrer de nouveau ?
Oui, dans la plupart des cas. On peut ajouter des métadonnées, regrouper les permissions et appliquer des règles de conservation sur un environnement existant. On procède généralement bibliothèque par bibliothèque, en commençant par les plus utilisées.
Qui devrait être propriétaire d’une bibliothèque documentaire ?
Idéalement, un gestionnaire du secteur qui utilise les documents, et non l’équipe TI. Il connaît le contenu, sait qui doit y avoir accès et peut juger de ce qui doit être conservé ou supprimé.
Quelle est l’erreur de gestion documentaire SharePoint la plus coûteuse ?
Recopier l’ancienne arborescence du lecteur réseau telle quelle. Elle transporte les doublons, les noms obscurs et les permissions accordées à la pièce dans le nouvel environnement, et toutes les autres corrections deviennent plus difficiles ensuite.

